Guide pour expats
Logement, banque, travail, paperasse, vie quotidienne… tout ce qu’il faut savoir écrit par des expats installés au Vietnam depuis des années dans ce guide offert par leur communauté !
Groupe French Expat Vietnam
Quelques recommandations pour les expatriés
Je m’appelle Thay Seb et je suis professeur de Vietnamien. J’ai posé 5 questions à Nicolas Thành Griffon, administrateur du groupe Facebook “French Expat Vietnam” pour savoir s’il fallait apprendre le Vietnamien avant de partir s’expatrier ? Voici ses réponses :
Seb : Pour se déplacer à Saïgon, que recommande-tu aux expatriés : passer le permis, conduire une moto, utiliser Grab ?
Nicolas Thanh Griffon : Je recommande les deux : utiliser Grab et, à terme, apprendre à conduire une moto. Mais pas dans n’importe quel ordre.
Quand on arrive, il vaut mieux commencer par Grab. Le trafic à Saïgon est très particulier et peut être dangereux pour un étranger qui vient d’arriver. Il ne faut pas se lancer dès la sortie de l’avion.
Si vous avez bu, même une petite quantité d’alcool, prenez un Grab. Si vous êtes fatigué, stressé ou pas sûr de vous, prenez un Grab. Il y a beaucoup d’accidents, parfois graves, et ça ne vaut pas le risque.
En revanche, dans le cadre d’une expatriation longue, je recommande vraiment d’apprendre à conduire. Si vous pouvez vous préparer avant le départ, passer un permis moto en France. Cela vous donnera de bonnes bases.
Sur place, il existe aussi des cours de conduite. C’est une bonne idée à prendre avant de se lancer dans le trafic vietnamien.
Il existe également des motos ou scooters de petite cylindrée, ainsi que des modèles électriques, qui peuvent être accessibles selon les règles en vigueur. Mais il faut toujours vérifier la réglementation à jour.
Donc ma recommandation est simple : Grab au début, puis moto quand vous êtes prêt, formé et suffisamment à l’aise avec la circulation locale.
Seb : Pour le logement long terme à Saïgon, que recommande-tu selon les budgets ?
Nicolas Thanh Griffon : Cela dépend beaucoup de votre âge, de votre situation personnelle et de votre mode de vie.
Si vous êtes jeune, étudiant, célibataire ou avec un budget limité, la colocation peut être une très bonne option. On peut trouver des chambres à des prix très bas, parfois autour de quelques centaines d’euros, voire moins selon les quartiers et le niveau de confort. J’ai moi-même commencé comme ça, et c’était une très bonne immersion.
Vivre avec des Vietnamiens permet aussi d’apprendre plus vite la langue et de comprendre le quotidien local. Ce ne sera pas forcément le grand luxe, mais à Saïgon, on vit beaucoup dehors. La chambre sert souvent surtout à dormir.
Si vous êtes en couple, plus âgé ou que vous recherchez davantage de confort, je recommande plutôt un studio ou un appartement avec une chambre séparée. Avoir une vraie pièce de vie et une chambre fermée change beaucoup le confort au quotidien.
Pour ceux qui ont un budget plus confortable, la maison est aussi une bonne option. J’aime bien les maisons parce qu’il ya plusieurs étages, donc plusieurs ambiances. On peut avoir une cuisine séparée, une terrasse, plus d’espace.
En revanche, dans une maison, il faut gérer soi-même la sécurité et l’entretien. Dans un immeuble ou une résidence, il y a souvent un service de gestion, un gardien, des personnes qui contrôlent les entrées et sorties. C’est plus rassurant.
Concernant les revenus, je pense qu’avec moins de 1 000 euros par mois, une expatriation au Vietnam peut être compliquée. C’est possible temporairement, mais cela demande de faire très attention. Pour vivre plus sereinement, surtout au début, il vaut mieux viser au minimum autour de 1 500 euros par mois si possible.
Seb : Quelles recommandations feraient-tu pour trouver un travail au Vietnam, notamment quand on parle anglais ? Et en quoi le vietnamien peut-il aider ?
Nicolas Thanh Griffon : Pour trouver un travail au Vietnam, il faut d’abord avoir un profil recrutable sur le marché local.
Il faut apporter quelque chose qu’un Vietnamien ne peut pas déjà apporter facilement. C’est de plus en plus important, car le niveau de qualification local augmente. Je recommande donc de viser des entreprises en lien avec la France, l’Europe ou l’international.
Dans ce type d’entreprise, votre connaissance de la culture française ou européenne devient une vraie compétence. Les salaires peuvent aussi être plus intéressants.
Ensuite, au début, il faut parfois accepter une première opportunité qui n’est pas parfaite, mais qui permet d’entrer sur le marché. Si l’entreprise est sérieuse, que le poste à du potentiel et que la relation semble gagnant-gagnant, cela peut valoir le coup.
En revanche, il faut clarifier les perspectives : le salaire pourra-t-il évoluer ? Y a-t-il des bonus ? Le poste peut-il grandir avec le temps ?
C’est important parce qu’en tant qu’expatrié salarié, votre situation dépend souvent de votre employeur : permis de travail, carte de résidence, visa. Si la relation se passe mal, la transition peut être brutale.
Parler vietnamien est un énorme avantage. Cela montre que vous ne venez pas seulement avec une compétence étrangère, mais que vous êtes aussi capable de travailler avec les équipes locales dans leur langue. Même sans être bilingue, cela peut ouvrir beaucoup de portes.
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Seb : Quelles sont les principales démarches ou possibilités pour vivre au Vietnam aujourd’hui ?
Nicolas Thanh Griffon : Il y a plusieurs grandes possibilités, mais il faut toujours vérifier les règles à jour, car la réglementation peut évoluer.
La première situation, c’est le lien personnel avec le Vietnam. Si vous avez des origines vietnamiennes ou un lien familial fort, cela peut ouvrir des possibilités comme l’exemption de visa de cinq ans. C’est très confortable pour rester longtemps sans nécessairement justifier d’un emploi ou d’un investissement.
Il y a aussi le cas des personnes en couple avec un Vietnamien ou une Vietnamienne. Si la relation est sérieuse, le mariage peut ouvrir l’accès aux cartes de résidence ou aux exemptions de visa plus longues. C’est souvent l’une des solutions les plus stables.
Ensuite, il y a la voie professionnelle. Vous trouvez un travail, l’entreprise vous fait un permis de travail, puis vous obtenez une carte de résidence temporaire, souvent liée à la durée du contrat ou du permis.
Il y a aussi la voie entrepreneuriale ou investisseur. En créant une entreprise au Vietnam et en apportant du capital, il est possible d’obtenir des statuts ou visas liés à l’investissement. Les montants et conditions varient, donc il faut se faire accompagner sérieusement.
Enfin, il y a les personnes qui restent longtemps avec des visas touristiques : nomades numériques, voyageurs, retraités, etc. Personnellement, je ne recommande pas d’en faire une stratégie à long terme. C’est précaire. Si les règles changent, vous pouvez vous retrouver obligé de quitter le pays rapidement, avec toutes les conséquences que cela implique : logement, affaires sur place, projets en cours.
Pour vivre durablement au Vietnam, il vaut mieux construire une base solide : familiale, professionnelle ou entrepreneuriale.

